La culture du ricin et le Congo Belge
(photo : catre postale en vente sur le site Delcampe.be, vue le 17 mai 2012)
Durant toute la période coloniale du Congo, à l'époque Belge, sa "mère patrie" incita et développa les esprits aventuriers à se rendre en Afrique et à y développer cultures, industries, mines, soutenant ainsi l'économie belge.
De très nombreuses études de sol, d'agronomie, souvent d'ailleurs soutenues par le Ministère des Colonies, furent publiées à l'attention des futures coloniaux pour qu'ils exploitent au mieux les richesses congolaises en terme de rentabilité.
Ainsi en est-il de l'ouvrage "le ricin, ses possibilités de production au Congo Belge et au Ruanda-Urundi" (1). Divisé en grands chapitres (botanique, agronomique, traitement,...) d'une richesse réelle pour les botanistes, les derniers demeurent pour nous les plus intéressant car ils abordent l'aspect économique du produit. Après une évaluation "estimée de 400 à 450.000 tonnes annuellement, dont 150.000 sont mises sur le marché" (p. 47), l'industrialisation de sa culture ne se fait pourtant qu'au Brésil, en Inde, en Russie, au Manchukuo, "et dans une proportion moindre, en Indochine et en Indonésie. Ailleurs, notamment en Afrique, le ricin est plutôt un produit de cueillette"; mais Inde et Brésil représentent à eux seuls 60% des exportations mondiales. Le Congo est donc l'endroit rêvé pour développer ce produit dont l'industrie à besoin.
Bien que produisant 3.100 tonnes (chiffre estimé pour l'année 1949), faisant de lui un des plus gros producteurs africains avec Madagascar (3.200 tonnes), le Congo Belge pourraient augmenter ses volumes car, à la même époque, les Etats-Unis à eux seuls importent 54.000 tonnes, et la Belgique, plus de 10.000. L'idée est donc ici, comme le fait la France, de produire plus dans la colonie pour bénéficier directement à l'industrie métropolitaine.
Car l'usage de l'huile de ricin est multiple. Comme purgatif en médecine, dans le graissage des moteurs d'avions; bien que cette dernère ne soit plus aussi importante. "D'après des techniciens américains, son emploi dans le graissage des moteurs d'aviation donnait toute satisfaction, au temps où le jeu entre les pièces mobiles de ces moteurs était relativement grand. Comme il n'en est plus de même actuellement, l'utilisation d'une huile aussi visqueuse a dû être abandonnée" (p. 41). Propos tempérés de suite par l'auteur avec cette phrase : "Il convient toutefois de tenir compte que les Etats-Unis sont de grands producteurs d'huiles minérales" (p. 42). A cette époque, et comme souligné également par L. Dubois, l'huile est utilisée par les avions à réaction car elle tient bien les températures élevées. Son usage s'est répandu aussi dans d'autres graissages comme pour les tanks ou les machines-outils, mais aussi dans la production d'acide gras, de savon, de peintures et de vernis, et dans des produits d'isolation de câbles.Avec autant de possibilités de vendre sa production, avec les conseils de cultures, de protection contre les maladies, mais aussi les planches colorées montrant les diverses types de ricin et leurs qualités, quiconque de volontaire peut facilement se lancer dans la culture de ce produit.
Notes :
(1) - Ouvrage de L. Dubois publié par la Direction de l'Agriculture, des Forêts, de l'Elevage et de la Colonisation", 1952, 106 pages
