Eunamus - Musées entre identités nationales et européennes...
Ce titre n'est pas de nous, mais vient du blog officiel d'Eunamus (European National Museums) et résume bien la teneur de ce colloque qui s'est tenu le 25 janvier dernier aux Musées royaux d'Art et d'Histoire, au Cinquantenaire (Bruxelles) (et dont voici le programme).
Coordonnée par Eunamus et la Maison de l'histoire européenne, cette rencontre internationale s'intéressait au possible dépassement des musées dits "nationaux" vers une vision plus européenne de l'histoire; et ce, pour permettre la création d'un socle historique commun aux habitants de la "maison Europe".
Dans une allocution introductive de la main de Michel Draguet, directeur de l'institution accueillant le colloque, le positionnement même de ces musées nationaux dans une vision européenne n'est pas chose aisée. Comme cela a été rapellé, la plupart des musées nationaux ont été créés par un pouvoir politique désireux d'asseoir une histoire mythique et réelle du pays; tout comme l'acte de mettre un objet en vitrine est un acte "politique" dédié aux générations futures. Outre l'objet, c'est aussi son bagage immatériel que l'on entraîne.
Cet héritage, pour Michel Draguet, n'est pas à rayer, mais doit être vu également dans un contexte plus large des mouvements et aléas politique d'une nation au sein d'entités plus importantes, comme l'Europe. Mais là vient se poser la question initiée en son temps par Jean Stengers : y a-t-il une identité européenne? L'image actuelle de l'Europe (qui ne fait plus rêver) se doit de créer ses propres mythes, sa propre histoire commune; pour, comme indiqué en guise de conclusion par l'orateur, sortir de l'image liée uniquement au champ économique.
Peter Aronsson rappellera les buts d'Eunamus visant à créer une communauté à nouvelle identité dans un environnement de diversités nationales. Mais comme le signala Dominique Poulot, en prenant le Louvre comme exemple,de multiples ponts transnationaux existaient déjà au travers d'expositions ou de thématique muséales comme la marine, l'ethnologie. Arguments qui en entraina d'autres insistant sur le fait que les musées comme le Louvre ou le British Museum raconte certes l'histoire nationale (en ce y compris les colonies) et donc, également, l'histoire d'autres nations par la présence en collection d'objets divers. Un exemple d'importance si on se souvient de la collection du Musée de Tervuren qui possède en ses murs le plus bel éventail d'arts congolais et africains au monde et référence incontournable pour connaître le passé du Congo même en dehors de sa période coloniée par la Belgique.
Charles Personnaz, de la Maison de l'Histoire de France, soutient quant à lui qu'un pouvoir politique peut créer un musée, mais ne peut s'opposer à l'objectivité des historiens. Sur ce point, il nous est difficile d'y croire car la plupart des institutions muséales sont soutenues par des pouvoirs publics, qui financent (ou pas), les projets de recherches...
Le jeu des questions-réponses qui clôtura a mis en avant cette problématique posée par Eunamus d'une histoire commune européenne face aux musées nationaux qui s'ouvrent de plus en plus aux divers publics et thématiques. Est-ce de la frilosité? Probablement, mais l'histoire de l'Europe en tant qu'institution est assez récente et la plupart des actes posés par celle-ci tiennent encore de l'actualité, et pas encore au chapitre de l'histoire.
Un grand merci à Bodil Axelsson, Christine Dupont et à leurs équipes respectives.